samedi 25 avril 2015

Ces drôles d’expressions de la langue française ! #2



Voici un second volet des expressions de la langue française. Vous pouvez retrouver le premier ici. Aujourd’hui, je vous emmène dans le monde étrange des expressions, locutions, mots et autres bizarreries que presque tout le monde utilise et qui pourtant, ne se disent pas… En voici 5 pour commencer, j’en garde en réserve pour un prochain article !


ATTENTION ! Tous les titres des paragraphes sont FAUX ! Oui-oui (avec ton beau taxiiiii) !


« S’avérer vrai »

Alors ça, c’est un pléonasme ! Vous savez, comme quand on dit « je descends en bas ». Effectivement, il est difficile de descendre en haut… Il s’avère que s’avérer veut tout simplement dire que c’est vrai, donc en gros, quand on dit « il s’avère vrai que vous nous racontâtes des inepties », on dit en fait « il est vrai vrai (2 fois, oui) que vous nous avez raconté des conneries ». Et là on passe tout de suite pour un con ! Non ?


Si on regarde l’article « Avéré » du Petit Larousse Illustré 2015, ci-dessous, on s’aperçoit qu’on dit « le fait est avéré » et non « le fait est avéré vrai », car avéré veut dire vrai ! On remarque également que « S’avérer » vient du latin verus, signifiant vrai. Donc, pas besoin d’en rajouter !






« Le truc à Machin »

On ne dit pas « le chien à Franck », mais bien « le chien DE Franck ». Pour faire simple, dans le cadre d’une possession, on utilise « à » après un verbe : « le chien est à Franck ». Entre deux nom (chien et Franck, par exemple, mais ça fonctionne aussi avec chocolat et Gwen !), on utilise la préposition « de », par exemple : « c’est le chocolat de Gwen ». Ce sont les règles du français moderne car dans des temps reculés, ça fonctionnait avec « à ». Nous en avons d’ailleurs gardé quelques traces, notamment avec l’expression « bête à Bon Dieu » pour désigner une coccinelle.


« Pallier à »

C’est une construction que nous entendons très souvent, même par des journalistes, mais non, on ne dit pas « il faut pallier à ce problème », mais bien « il faut pallier ce problème ». Encore un « à » placé là où il ne devrait pas… Même Monsieur Larousse le dit !




« Au jour d’aujourd’hui »

Haaaaa… Belle expression qu’on entend TOUT LE TEMPS ! Mais complètement fausse ! Là encore c’est un pléonasme, c’est comme si nous disions « aujourd’hui aujourd’hui » (2 fois, oui !), car aujourd’hui veut déjà dire « au jour où l’on est ». Donc, il n’est pas nécessaire de le dire deux fois.


« A l’intention de »

Cette expression existe, si par exemple vous faites quelque chose pour quelqu’un d’autre, « j’ai acheté des fleurs à son intention ». En revanche, quand vous faites un courrier et que vous écrivez en haut de votre lettre le nom du destinataire, c’est bien « à l’attention de Trucmuch » qu’il faut écrire. C’est la formule dédiée pour désigner le destinataire d’une lettre. Ayant été secrétaire pendant longtemps, je peux vous assurer que cette faute est très largement répandue !


Pour être tout à fait honnête avec vous, j’avais également prévu un petit paragraphe pour « malgré que », qui me fait mal aux oreilles à chaque fois que je l’entends. Mais comme je tiens à vous fournir des articles de qualité (en tout cas, fiables !), je vérifie toujours mes dires et là, et bien je m’étais trompée… « Malgré que » est critiqué, certes, mais c’est une formule tout à fait correcte. Je n’ai plus qu’à y habituer mes oreilles !


Et voilà, c’est tout pour cette fois. Je n’ose vous dire qu’un nouvel article arrive bientôt tant je suis peu présente en ce moment… Mais c’est pour la bonne cause, je vous assure !


A très bientôt !


#expressions #expressionsfrancaises #origine des expressions

7 commentaires:

  1. Alors "au jour d'aujourd'hui " est l'expression qui m'insupporte par excellence ! Tu m'as appris quelque chose avec l'expression "pallier à". Merci pour le partage. Bon week-end

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    1. Si je peux rendre service... ;-) Bon week-end à toi aussi.

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    2. On est deux à qui "malgré que" écorche les oreilles ! Mais bien que cela semble être correct, je continuerai à ne pas l'employer ainsi ! ;-)

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    3. Pareil pour moi ! Malgré que ce soit correct !!!!...

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  2. Pour malgré que, tu ne peux l'utiliser qu'avec le verbe avoir conjugué au subjonctif.

    Exemple :
    Je reconnais les mérites de mon rival, malgré que j'en aie. Elle ne put cacher son dépit, malgré qu'elle en eût

    Autant dire qu'à chaque fois que tu l'entends, il est mal utilisé.

    Source : Dictionnaire de l'académie Française (le seul qui soit officiel ;-) ) : http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/generic/affiche.exe?22;s=16765230;d=1;f=1;t=1;r=1;

    J'aime bien la recommandation à la fin de la définition :
    Même si de nombreux écrivains ont employé Malgré que dans le sens de Bien que, quoique, il est recommandé d'éviter cet emploi.

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    1. Et j'en profite pour donner un lien vers l'académie française pour les questions courantes sur le langage :
      http://www.academie-francaise.fr/la-langue-francaise/questions-de-langue

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    2. Selon mon Petit Larousse illustré 2015, on peut utilisé "malgré que" dans d'autres circonstances. L'exemple donné est "malgré qu'il fasse froid" et ça veut dire "bien que" ou "quoique". Ils mettent bien que c'est critiqué, mais c'est correct... :-)

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